C’est une initiative pionnière devenue une référence nationale. Depuis 2010, le Conseil départemental privilégie les produits bio et locaux dans l’assiette des collégiens avec le programme « Manger Bio et Local 64 ». Une démarche pionnière et vertueuse qui essaime sur le territoire.
Chaque année, près de 2,5 millions de repas sont servis aux élèves des collèges publics du Béarn et du Pays basque. Des déjeuners préparés avec soin par les agents départementaux dans les cuisines des collèges publics, avec des objectifs clairs : garantir aux jeunes convives des menus de qualité et équilibrés, indispensables à leur santé, tout en soutenant et pérennisant une agriculture locale de qualité. « La restauration scolaire au sein des collèges publics fait partie de nos compétences obligatoires. Mais aller plus loin en privilégiant des produits bio et locaux est une volonté politique que nous portons avec notre programme Manger Bio et Local 64 », affirme Sandrine Lafargue, vice-présidente du Conseil départemental en charge de la transition écologique. Une démarche pionnière, engagée dès 2010, bien avant que la loi Egalim n’impose à la restauration collective une part de produits durables et de qualité.
AMÉLIORER LA QUALITÉ DES ASSIETTES
L’enjeu ? Offrir des débouchés aux agriculteurs locaux tout en redonnant le goût du métier aux cuisiniers et celui des bons produits aux élèves.
« Le point de départ vient de nos chefs de restauration qui souhaitaient aller vers un approvisionnement direct auprès des producteurs et améliorer la qualité des assiettes », se rappelle Sandrine Lafargue.
M. Macetti est de ceux-là. Alors cuisinier au collège Chantaco, il commence par aller à la rencontre des producteurs sur les marchés. « Rapidement, le Département nous a soutenus en mettant en place des rencontres avec les producteurs, puis un annuaire. Nous avons aussi pu nous former pour mieux travailler les produits bruts, indispensable pour maîtriser les coûts », relate le cuisinier.
Aujourd’hui responsable des cuisines du collège Villa Fal à Biarritz, il maîtrise ses approvisionnements en s’appuyant à la fois sur de grands producteurs locaux et sur de petites exploitations agricoles. « Nous pouvons travailler de gré à gré, sans passer par des procédures administratives trop lourdes, avec de petites exploitations. J’ai un fournisseur qui m’apporte ses kiwis de Biriatou, un autre qui me livre quelques tommes de brebis fermières », précise l’agent.
DES RETOMBÉES ÉCONOMIQUES SUR LE TERRITOIRE
À l’échelle du département, les résultats de cette politique sont éloquents. Sur l’année 2025, les cuisiniers des collèges basques et béarnais ont mis près de 50 % de produits locaux ou issus de l’agriculture biologique dans les assiettes, en s’appuyant sur un réseau de 120 producteurs référencés.
« Cela représente 2,8 millions d’euros de retombées économiques sur le territoire et 22 emplois créés, dont 5 jeunes agriculteurs installés. C’est un outil pour sécuriser les exploitations et aider certains à se lancer », souligne Sandrine Lafargue, s’appuyant sur une étude de l’observatoire de l’association « Un Plus Bio ».
Et la démarche, reconnue par l’ADEME, inspire au-delà des collèges. Depuis 2014, les EHPAD en bénéficient, tout comme les crèches. Le Département accompagne également des communes dans la recherche d’une labellisation Ecocert, à l’image de celle décrochée par 35 collèges des Pyrénées-Atlantiques. « Être pionnier, puis essaimer et professionnaliser la démarche avec un Plan Alimentaire du Territoire (PAT), c’est la preuve d’un modèle durable et réplicable », souligne Sandrine Lafargue.
Un succès qu’incarne le forum annuel « Manger Bio et Local 64 », dont la prochaine édition aura lieu le 14 octobre prochain à Hasparren.
TARIFS MODÉRÉS MAINTENUS
Bonne pour l’économie locale, la démarche est aussi un outil pédagogique puissant. Visites de fermes, jardins pédagogiques, projets anti-gaspi : les jeunes découvrent la saisonnalité, les légumes oubliés et de bonnes habitudes alimentaires. Les chefs sont, eux, épaulés par une diététicienne et une spécialiste de l’hygiène pour trouver le délicat équilibre entre les goûts, les besoins et les envies des jeunes.
Et le Département veille à maintenir un tarif modéré pour toutes les familles (3,40 € par repas pour le forfait quatre jours) et en accordant une aide financière à la restauration aux familles de 9 000 collégiens.
Pour qu’une alimentation saine, locale et de qualité ne soit pas un privilège, mais une réalité.