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EXPOSITION « DIRDIDAREN DARDARA, quand les mythes vibrent encore »

EXPOSITION « DIRDIDAREN DARDARA, quand les mythes vibrent encore »

Centre Départemental d'Education au Patrimoine Ospitalea
17 octobre - 29 novembre

DARDARA fait vibrer Ospitalea pour sa dernière exposition de l’année 2026

Le Centre Départemental d’Éducation au Patrimoine - Ospitalea, service du Département des Pyrénées-Atlantiques, a pour mission de faire connaître et rayonner le patrimoine culturel, historique et ethnologique du Pays basque. Pour clôturer sa programmation 2026, Ospitalea fait le choix, pour la première fois depuis trois ans, de mettre à l’honneur de jeunes artistes émergents dont les créations dialoguent avec le patrimoine du territoire.

Le collectif DARDARA

Ce projet naît d'une convergence ancienne et d'une rencontre récente. Maialen Arestegui, Paola Jaureguiberry et Nargesse Tikzi travaillent depuis des années dans des pratiques voisines et complémentaires, que le hasard a fini par réunir autour d'un même territoire : le Pays basque, et d'un même projet : la vibration.


Maialen Arestegui :
Formée aux Beaux-Arts de Lorient, Maialen développe une pratique artistique plurielle, à la croisée des arts plastiques, de l’illustration et de la création textile, notamment à travers la conception de costumes pour des scènes nationales. Au fil de son parcours, elle a élaboré une démarche artistique singulière qu’elle nomme le Tradisco : une manière de réinventer les traditions avec audace, dans un esprit à la fois festif, contemporain et libérateur.


Nargesse Tikzi :
Formée aux arts visuels à Central Saint Martins à Londres, Nargesse inscrit sa pratique dans le mouvement Light and Space, faisant de la lumière et du son ses matières de prédilection. Son travail donne corps à l’invisible en le transformant en expérience sensible, révélant ce qui échappe habituellement au regard. Par ses installations, elle invite à ressentir dans nos corps ce qui nous entoure et nous traverse.

Paola Jaureguiberry :
Après des études à l’ESAPB de Bayonne, Paola dirige aujourd’hui un bureau d’études spécialisé en ingénierie culturelle, tout en développant une pratique d’écriture poétique centrée sur les figures du monstre et de l’affreux. Nourrie de surréalisme, son oeuvre brouille les frontières entre le repoussant et le merveilleux, faisant émerger des formes étranges où le difforme se révèle exceptionnel.


Pour le trio, le mythe ne se conserve pas. Il se transforme. Il résonne et il vibre … encore.
« Nous travaillons depuis une même intuition fondatrice : la vibration. Non pas comme effet ou ambiance, mais comme mode d'existence des oeuvres elles-mêmes. Le mythe vibre, il se transmet par la voix, le geste, la répétition. Le textile vibre dans le frémissement des fils, l'accumulation des matières, la mémoire du geste. La poésie vibre dans le rythme, les mots qui résonnent dans le corps avant d'être compris. La lumière et le son vibrent au sens littéral et sensible, enveloppant l'espace et les corps qui le traversent. »

Dirdiraren Dardara : des mythes basques qui vibrent encore

Dirdiraren Dardara, « la vibration de ce qui scintille », incarne deux approches du geste artistique du collectif : les mythes dont les résonances traversent encore notre société, et leur mise en lumière par une esthétique inspirée du Tradisco et du mouvement Light and Space, qui fait du scintillement une véritable matière de création.


DARDARA et la mythologie basque
Pour Dardara, dans la mythologie basque, les lamina, le Basajaun, Mari, ne sont pas des reliques. Ce sont des technologies narratives vivantes, inventées pour donner corps à ce qui déborde : la nature indomptable, la peur de la montagne et de la forêt, la puissance de ce qui échappe à l’ordre. Au coeur de ces figures se trouve le monstre, non pas comme figure de l'horreur, mais comme figure de la marge, ce qui résiste à la nomination, ce qui habite les seuils. Il révèle moins ce qu'il est que ce que la société refuse de nommer.
Les trois artistes ne souhaitent pas illustrer les légendes basques mais interroger ce qu'elles révèlent d'une société et d'un territoire. Créer des ambiances plutôt que figurer directement des personnages, ne pas figer une image précise mais créer un mirage, un souvenir, et ressentir : qu’est-ce que ça ferait de les rencontrer ?

Ce que nous disent les personnages de la mythologie basque
Six oeuvres monumentales investissent la salle d’exposition d’Ospitalea. Toutes incarnent ou évoquent une figure ou un élément de la mythologie basque, sans jamais lever totalement le voile sur son mystère. Bien au contraire.

Kaxu
Que ressentirions-nous face à Dama ? À quoi ressemble-t-elle ? Que nous murmure-t-elle ? Cette installation, inspirée de Mari, nous invite à éprouver au plus profond de nous-mêmes ce que pourrait être une telle rencontre.
Un amas scintillant et informe baigné de lumière rouge, encadré de bannières répétant «kaxu», jeu de mot poétique à la rencontre de «kasu» (attention en basque) et «kexu» (colère), dans une ambiance sonore vibratoire dont le visiteur ne doit jamais tourner le dos.
Ilea
Les lamina sont ici représentées à travers deux de leurs attributs devenus indissociables : la rivière et leur chevelure. Constituée de laine recyclée et récupérée et de petits objets d’origine humaine glanés dans le lit des ruisseaux, cette oeuvre se prolonge grâce à la participation des visiteurs. Ceux qui le souhaitent peuvent se munir d’un crochet et d’un morceau de laine recyclée afin de poursuivre ce mouvement ondulé.

Disco Hartza
Personnage emblématique des festivités basques, Hartza devient ici le roi de la fête, mais pas de n’importe laquelle : une scène disco éclatante de lumière. Dans les mythes, l’ours annonce le retour du printemps et de sa clarté ; ici, il la projette avec joie et générosité, nous invitant à nous libérer de nos corps autant que de nos habitudes, le temps d’une danse.
Disco Hartza et le poème éclaté

Poème éclaté
Les mythes basques ont été transformés, interprétés, parfois oubliés à travers le temps. Ils ne racontent jamais tout à fait la même histoire : leur sens varie selon les individus, les époques et
les sociétés qui les portent… Chacun est libre de s’en emparer et de les réinventer. À l’image de ce poème éclaté, dont les fragments se dispersent avant de se recomposer, chaque visiteur est invité à en construire sa propre lecture, selon sa sensibilité.

Aizpe
Nous visitons souvent des grottes, mais les ressentons-nous vraiment ? Écoutons leur silence, laissons leurs parois nous effleurer, nous surprendre, nous entraîner de l’autre côté du visible, dans l’imaginaire.


Erio
Il existe au Pays basque une entité que nul n’aime vraiment imaginer : Erio, le messager de la mort. Effrayant, angoissant, il accompagne l’une des expériences les plus universelles de l’humanité. Pourtant, chacun le perçoit différemment, selon ses croyances et ses peurs. Cette oeuvre est née d’une réflexion collective. Erio y prend une forme multiple, façonnée par les imaginaires de chacun, afin de réunir en une seule oeuvre tout ce qu’il peut représenter.

Chaque oeuvre s’interprète intimement, interrogeant notre propre rapport à cet héritage, à la place de ces croyances dans nos sociétés, ce qu’elles ont dit et continuent de dire de nous aujourd’hui, sous leurs multiples réinterprétations.

La matière au coeur de la démarche de DARDARA

Chaque oeuvre se constitue de matières vibrantes :


• L’ondoiement des textiles, réalisés à partir de matières naturelles et/ou recyclées, souvent chinées dans des recycleries, témoigne de l’attachement des artistes à une démarche de réemploi.


• La laine utilisée pour la confection des oeuvres provient de la tonte de brebis d’un éleveur de Saint-Etienne-de-Baïgorry. Récupérée, puis nettoyée et
transformée par le collectif, elle constitue l’une des matières premières de leurs créations.


• Les éclats de lumière et le son vibrent de manière imperceptible pour les humains. Mais ils nous traversent, et nous donnent la sensation de ressentir à défaut de voir. Ils sont employés ici en ce sens : donner corps à l’invisible.


• L’écriture est depuis la fin du XIXe siècle le support privilégié de la transmission des mythes basques. Les mots couchés sur papier ont canonisé des versions des personnages et de leurs histoires. Les artistes utilisent ici les mots de manière disloquée, pour que chacun, comme les conteurs d’autrefois se les réinterprète à nouveau.

Les oeuvres sont éphémères, insaisissables, elles traduisent l’immatérialité. En somme, elles incarnent ce qu’elles évoquent. Elles seront démontées à la fin de l’exposition, et leurs matériaux seront utilisés pour de nouvelles créations, comme un écho à la transmission et restructuration des mythes à travers le temps.

Activités et animations

Un programme d’animations et de rencontres viendra enrichir l’exposition.
Ospitalea propose gratuitement un livret jeu pour une découverte ludique de l’exposition. Un guide papier de l’exposition est également disponible à l’accueil pour accompagner la visite.


Vernissage
Rendez-vous le 16 octobre, à partir de 18h30 pour le vernissage de l’exposition en présence de collectif DARDARA.
Une mystérieuse consigne est adressée au public de la part des artistes : pour ne rien louper, ne soyez pas en retard !

Visites guidées
Visites commentées de l’exposition par un médiateur du patrimoine.
• Vendredi 30 octobre à 11h et 18h
• Vendredi 6 novembre à 18h
• Vendredi 27 novembre à 18h
Durée 1h
Tarif : 4 € (gratuit pour les moins de 14 ans)

Pour toute demande de visite guidée pour un groupe, envoyez votre demande à ospitalea@le64.fr

Ateliers famille
Mercredis 21 et 28 octobre à 15h
Visite guidée de l’exposition, suivie d’un atelier créatif autour de quatre approches développées par le collectif Dardara : le tricot/crochet, la création d’amulettes de protection, l’écriture poétique à partir d’une collecte de mots dans l’exposition, ainsi que la construction collective d’un récit selon le principe du cadavre exquis.
Durée : 2h Tarif : 4 €

Rencontres, conférences
Soirée du 30 octobre — Gau Beltza
Le 31 octobre, la culture populaire célèbre Halloween. Ici, à Ospitalea, on se la réapproprie autrement : c'est surtout la nuit où le voile entre le monde des vivants et celui des morts se fait le plus fin. Une occasion parfaite pour tenter d'entrer en contact avec les esprits mythologiques du Pays basque... Une soirée concoctée avec le collectif DARDARA, entre fête et frisson. Programme à venir très prochainement.
Vendredi 30 octobre à 19h
Tarif : gratuit
Rencontre du 6 novembre — Quel art pour demain ? Réemploi, transmission, transformation
Comment produire, transmettre, faire vivre l'art de demain ? Pour explorer cette question, en écho à leur pratique du réemploi et de la transformation des matériaux, les artistes de DARDARA invitent différentes voix à se croiser : celle d'un artiste engagé dans une démarche de réemploi, celle d'une personne issue du monde universitaire travaillant sur ces questions, celle enfin d'un directeur ou d'une directrice de lieu d'art, confronté(e) à ces enjeux au quotidien. La trame de cette rencontre est co-construite lors d'une table ronde réunissant, quelques jours auparavant, des artistes du territoire et d'autres spécialistes, pour affiner les sujets et nourrir ce temps de réflexion partagé.
Vendredi 6 novembre
Tarif : gratuit

Carte

43.255810930977, -1.244708